OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Bienvenue au festival du film bidouillé http://owni.fr/2012/05/21/bienvenue-au-festival-du-film-bidouille/ http://owni.fr/2012/05/21/bienvenue-au-festival-du-film-bidouille/#comments Mon, 21 May 2012 09:15:41 +0000 Adrien Carpentier http://owni.fr/?p=110126

Au mois d’avril dernier, lors d’une conférence tenue à Genève, le cofondateur de Wikipédia Jimmy Wales a prédit la fin prochaine d’Hollywood. Non pas à cause du piratage, mais parce que selon lui,

les outils collaboratifs pour raconter des histoires et réaliser des films vont faire à Hollywood ce que Wikipédia a fait à l’Encyclopedia Britannica.

À l’entendre, cette révolution serait en germe par l’entremise des machinimas, ces objets filmiques un poil immatures et sur lesquels Hollywood n’a pas encore beaucoup lorgné. Les machinimas, ce sont des films réalisés à l’aide d’un moteur 3D temps réel de jeu vidéo. Décors, personnages, caméra… les moteurs de jeux offrent en effet tous les outils de production pour raconter des histoires en vidéo, sans plateau ni acteurs.

GTA

La création amateur de films grâce aux outils 3D est une vieille histoire. Dans les années 1980, des hackers créent de petites séquences 3D à l’aide de moyens très réduits, et qu’on découvre en introduction à des programmes dont ils crackent la protection contre la copie. C’est la scène demo. Mais les vrais ancêtres des machinimas sont probablement les speedruns, ces vidéos de parties de jeu vidéo terminées dans un temps record. Un speedrun demande à son auteur des mois ou des années de persévérance pour gagner de précieuses secondes et disposer enfin d’une vidéo qui établisse un record. En effectuant des centaines de prises pour n’en garder qu’une seule qu’il montrera à son public, le recordman devient réalisateur, et le personnage qu’il dirige à l’écran, son acteur.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

 

Disney Animation Studio sur Amiga et surtout le jeu Stunt Island proposent, dès le début des années 1990, de mettre en scène et d’enregistrer des films dans un environnement virtuel. Mais l’Histoire ne retiendra qu’une petite vidéo de 1996, basée sur le jeu Quake, comme le premier machinima à proprement parler. Intitulée “Diary of a Camper” , ultra-courte, au script minimaliste et à peine compréhensible pour les non-gamers, c’est cependant la première fois qu’un simple enregistrement d’une partie de FPS (First Person Shooter) est détourné de son but original pour raconter une histoire. Comme pour les films muets, les dialogues sont affichés à l’écran grâce au détournement du chat intégré au jeu.

La pratique est vite imitée par la communauté des joueurs de FPS. L’arrivée de Quake 2, qui permet de changer la caméra sur une séquence déjà enregistrée, encourage encore un peu plus ces fanarts qu’on appelle encore des Quake Movies.

Le mot machinima, contraction de “machine”, “animation” et “cinéma”, ne remplacera Quake Movie qu’en 2000 lors de la création d’un portail Internet dédié. Jusqu’alors sous-culture de hardcore gamers, la pratique cesse d’être l’apanage des FPS, et les créations commencent à fleurir sur Internet. La série ultra-cinématographique des Grand Theft Auto en 3D apparue en 2001, avec son inspiration très hollywoodienne et ses immenses villes américaines virtualisées, constitue un terrain de jeu rêvé pour imiter le cinéma. De plus en plus de jeux se mettent à intégrer de véritables outils dédiés à la création de séquences, comme le très populaire The Sims 2. The Movies, sorti en 2005, a même pour but la gestion d’un studio de cinéma et la réalisation de petits films.

Cinéaste geek

Pourtant, le processus de production d’un machinima peut être bien éloigné de celui d’un film. Les machinéastes ont ainsi deux méthodes, suivant les possibilités offertes par le moteur du jeu et le but recherché :

- Ils peuvent créer un machinima “en temps réel”. Dans ce cas, comme dans un film classique, il y a tournage. Des joueurs réels contrôlent chacun un personnage, qui sont autant d’acteurs. Ils peuvent enregistrer des dialogues pendant le tournage à l’aide des casques-micros qu’ils utilisent pour les parties multijoueurs, ou bien ceux-ci peuvent être ajoutés en post-production. Un autre joueur tient alors le rôle du caméraman. Le point de vue de son personnage est enregistré sur le disque dur et constituera le rush du film, pour être éventuellement monté plus tard.

Cette méthode collaborative s’apparente à la fois à un tournage de cinéma et à une partie de jeu vidéo, et laisse place à l’improvisation. Elle est par ailleurs un excellent outil d’apprentissage des métiers du cinéma puisqu’elle passe par les mêmes procédés que la production d’un film : écriture, direction d’acteurs, prise de vue, montage… Voici un exemple de machima tourné en temps réel, issu d’une célèbre série :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

 

- La création machinimatographique peut aussi s’affranchir d’un tournage pour être entièrement scriptée. Les personnages comme la caméra obéissent alors aux actions, aux changements de points de vue et aux trajets programmés dans un script informatique qui peut être le fruit d’une collaboration en ligne comme celle d’un seul machinéaste. Et grâce à ces scripts qui décrivent le film, il n’y a pas de rush : il suffit du moteur du jeu et du script pour lire la séquence. Donnant des résultats souvent plus aboutis et spécifique au machinima, cette méthode peut bien entendue être combinée au tournage en temps réel. Voici un machinima scripté utilisant le moteur d’Unreal Tournament.

Bientôt des machinimas dans les salles obscures ?

Il n’en fallait pas plus pour que des artistes contemporains s’emparent de cette nouvelle forme de création, à l’instar de l’américain Eddo Stern. En France, on peut citer Frederic Nakache, Benjamin Nuel ou encore Alex Chan, avec ses machinimas “French Democracy” et “World of Electors”, respectivement sortis à l’occasion des émeutes de banlieue de 2005 et de l’élection présidentielle de 2007. Tous ont sans aucun doute contribué à faire du machinima un moyen d’expression plus complet.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

 

Les meilleures oeuvres amateurs sont récompensées dans des festivals selon des catégories très proches de celles du cinéma : meilleure réalisation, meilleure bande son et même… meilleur rôle ! C’est l’Academy of Machinima Art and Science, créée en 2002 aux États-Unis, qui organise le tout premier festival de machinimas. D’abord éclipsé par les conférences sur le jeu vidéo qui les héberge, il essaime finalement d’autres festivals comme le Machinima Expo.

Pour l’heure, l’industrie du cinéma semble n’avoir jeté qu’un oeil timide vers la scène machinima. Steven Spielberg a bien utilisé le moteur du jeu Unreal Tournament pour préparer le tournage de son film I.A.. On a vu, ça et là, des machinimas issus de Second Life dans des téléfilms. Les plans aériens de Los Angeles dans Collateral (2004) semblent clairement inspirés par les vues omnipotentes des machinimas de GTA, et la séquence en vue FPS de Kick Ass (2010) en est un hommage encore plus évident. Mais la plus célèbre utilisation d’un machinima par l’industrie hollywoodienne n’est sans doute que celle de l’épisode mythique de South Park consacré à World of Warcraft. Car si la scène machinima est de plus en plus poreuse aux autres arts, elle ne reste encore aujourd’hui qu’un prolongement du jeu vidéo. Pour peu de temps encore.


illustration capture d’écran par Laurence Simon (CC-by)

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VENDREDI C’EST GRAPHISM S02E29! http://owni.fr/2011/08/12/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e29/ http://owni.fr/2011/08/12/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s02e29/#comments Fri, 12 Aug 2011 06:30:21 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=75942

Salut les ptits loups ! :-)

Comme vous le voyez, je suis revenu de vacances et “Vendredi c’est Graphism” reprend donc le cours de ses activités graphiques et visuelles avec un programme assez chargé cette semaine. Il va vous falloir être attentif ;-) En entrée, je vous propose donc du graffiti à la sauce marteau-piqueur, suivi d’une série d’amuse-bouches sous forme d’affiches caricaturant le cinéma hollywoodien. En plat principal vous pourrez découvrir une superbe vidéo sur les stocks de poissons accompagnée de ses petites personnes dans ses petites boîtes. L’accompagnement sera simple et léger grâce au dessin de John Perry. Et en dessert, un WTF à base de chats !

Bon appétit, bon vendredi et bon graphism !

Geoffrey

Hop hop hop, on commence la semaine avec un homme que rien n’arrête… il s’agit du cinéaste Carlos Gonzalez qui a suivi l’artiste portugais Vhils en train d’achever son dernier ouvrage créatif dans les rues de Venice, en Californie. Cette oeuvre a de particulier qu’elle est réalisée sur un mur de briques à l’aide de perçeuses, petits marteaux-piqueurs, etc. Le tout pour faire un portrait vraiment grand et comment dire… impossible à effacer ? ;-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cette semaine a été également l’occasion de découvrir cette excellente série d’affiches pour le Festival International de New-York du Film Latino. L’idée ? Faire passer le message que les films latinos sont radicalement différents… Ils jouent donc sur tous les clichés du cinéma hollywoodien et, grâce à ça, le rendu est vraiment drôle puisqu’il vise justement les clichés du cinéma !

Voici un fabuleux projet réalisé par Uli Henrik Streckenbach lors de son diplôme de fin d’année à l’académie de Giebichenstein. La vidéo présente l’état menaçant de nos océans. En effet, les stocks de poissons ont été réduits de 90% depuis le début de la pêche industrielle. Les scientifiques nous avertissent depuis longtemps de l’extinction totale de toutes les espèces capturées dans moins de 50 ans… Voilà donc la vidéo qui illustre tout ceci avec un style graphique vraiment agréable et travaillé.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Votre maman vous l’a sûrement déjà dit, il ne faut pas montrer du doigts les petites personnes… mais ces gens miniatures que je vous présente cette semaine sont non seulement incroyablement touchants mais possèdent également leur propre monde, leurs propres souvenirs, leur propre histoire, c’est donc un plaisir de les observer en détail… L’artiste Lisa Swerling nous présente cette série de “boîtes” qui contiennent des mondes minuscules. Chacune de ces boîtes fait l’objet d’une observation particulière sur notre monde et sa complexité. Elle puise apparemment son inspiration dans son quotidien et dans ses rêves.

source

On enchaîne notre revue de la semaine avec John Perry, un homme qui croque les gens du métro depuis déjà quelques temps. John Perry est un artiste né à Brooklyn en 1965 et qui habite aujourd’hui à New York. Né de la mixité d’une mère coréenne et d’un père américain, il s’intéresse principalement à ce qu’il voit, délaissant la technique et préférant la relation humaine créée par le dessin. On peut donc le croiser, parfois, dans le métro de New-York et se faire croquer pendant quelques instant sur un bout de carnet… Je vous laisse regarder ce qu’il raconte, ce qu’il crée.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Je vous présente ma petite découverte WTF de la nuit dernière… Il s’agit du site internet « Cat Scan » ou un … “passionné” des dessous de chat fait appel aux autres passionnés pour partager ce site fabuleux remplis de coussinets en 4800ppp, de poils ultra-définis et de roubibis de chats… un passionné je vous dis !

> le site

cats Cat Scan, le site qui scanne votre chat.

source

En petit mot de la fin, j’aurais aimé attirer votre attention sur cet article sur le neo-design orienté hacking, sur cet article sur le design libre et aussi sur le nouveau design de css-tricks ! Et vous, cette semaine, quelles ont été vos news graphiques ? :-)

À vendredi prochain !

Geoffrey

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